Le départ est donné, il est 8 h 30. Les conditions climatiques ne sont pas idéales, il y a beaucoup d’humidité. Je suis derrière les Kenyans. Le plus petit d’entre eux n’est pas plus gros que ma fille Joly Ann 7 ans. Selon moi, il ne dépasse pas les 90 lb. J’ai vraiment l’impression d’être Badaboum à coté de lui. On se détache rapidement de la masse pour être un groupe d’environ 20 coureurs qui vont se diviser en 2 groupes : le groupe des Kenyans nous distance rapidement. Premier km : ma montre affiche 3:30, c’est beaucoup trop rapide. 2e km : 3:40, c’est encore trop rapide. J’essaie de faire des ajustements et de ralentir un peu le rythme. 3e km : 3:45, encore trop rapide. Je dois diminuer ma vitesse et laisser partir le groupe devant moi. 4e km : 3:50, c’est un peu mieux, mais encore trop rapide. 5e km : 3:53, c’est parfait! Ce sera ma vitesse de croisière. Ils sont une vingtaine de coureurs devant moi et normalement, si tout va bien, dans les 10 derniers km, je serai capable d’en rattraper plusieurs. C’est une course de patience qui débute. Il me faudra tenir une vitesse de croisière égale le plus possible, écouter mon corps, supporter la douleur, essayer de bien m’hydrater. Voilà ce qui causera notre calvaire à tous!!!
L’organisation, nous a donné des petits gobelets d’eau pour s’hydrater. C’est une erreur majeure dans des conditions d’humidité extrême. Ils auraient dû donner des grands verres, où les gens auraient eu la chance de boire beaucoup plus. Cela nous poussait à prendre des petites gorgées d’eau. Étant donné la vitesse à laquelle on traverse les ravitaillements, accrocher 2 petits gobelets d’eau n’était pas suffisant. À la longue, cela a fini par atteindre tous les coureurs du marathon.
On s’approche tout doucement du 30e km. Comme on le sait, autour du 32e km, il se passe un phénomène physiologique où les coureurs entrent dans la «twilight» zone. Ce fut le cas pour moi. Puis, il y a les montées, que j’ai courues à un rythme qui tournait autour de 4 minutes du km. Je suis alors en avance de 3 minutes sur mon temps. Je m’apprête à courir le marathon en 2h44, ce qui est un très bon temps pour moi. Immédiatement quand le parcours commence à descendre, je ressens dans mes quadriceps une douleur intense à chaque pas. Ce qui me confirme que la déshydratation fait son effet et que la course sera longue et souffrante jusqu’à la fin. J’essaie de maintenir un rythme autour de 4 min du km, mais c’est extrêmement difficile. Je dois arrêter à 3 reprises pour m’étirer pour me masser les quadriceps, afin de diminuer la douleur. Je dois me concentrer pour courir avec mes mollets et mes ischio-jambiers sans utiliser mes quadriceps. C’est une technique que je vous expliquerai dans un autre blogue. Ça va fonctionner! Je vais réussir à maintenir un rythme de 4:05 du km. Pour finalement terminer mon marathon dans la souffrance extrême, en 2:47:55. Cinq secondes sous ma prédiction de départ.
Pour moi, le marathon a été un événement où j’ai appris et cela me servira pour mes futurs marathons, que j’espère courir jusqu’à l’âge de 100 ans! Je ne sais pas si vous avez vu le marathonien d’origine indienne (Fauja Singh) dans La Presse des dernières semaines, qui allait courir durant la fin de semaine son 8e marathon à vie à l’âge de 100 ans! Quand je regarde cela, je me dis que tout est possible. J’espère que j’aurai l’intelligence de courir dans des milieux qui vont m’éloigner des blessures, par exemple, courir en forêt ou sur un terrain soft.
Dans un autre ordre d’idées, j’en profite pour vous parler des développements par rapport au nouveau concours que le Grand défi lance aux écoles primaires du Québec. Présentement, nous approchons 400 écoles inscrites au défi «Aiguise ta matière grise». Il reste encore 2 semaines d’inscription avant le début du concours qui aura lieu le 1er novembre prochain. Notre objectif est que 500 écoles primaires y participent. Si vous étiez cycliste au 1000 km de l’an dernier, je vous demande de vérifier si l’école que vous aviez parrainée est inscrite!!! Si vous avez des enfants d’âge primaire, je vous demande également de vérifier auprès de leur école si votre enfant accumulera des cubes matière grise en novembre.
En terminant, les inscriptions pour le 1000 km 2012 auront lieu fin octobre début novembre, préparez vous! Nous allons fonctionner de la même manière que l’an dernier, les équipes ayant particpé l’an dernier auront le privilège de confirmer leur place. Ils auront deux petites semaines pour le faire et devront donner un dépôt de 2000$. Ensuite, si certaines places se libèrent, nous procèderons au tirage de nouvelles équipes. Il est très difficile pour notre organisation de prédire le nombre de nouvelles places qu’il y aura pour la 4e édition. Probablement très peu malheureusement, car pour des questions de sécurité, il nous est impossible d’augmenter le nombre d’équipes. Nous ne pouvons pas aller plus que 185 équipes. Et pour terminer, nous avons du retard sur la vidéo souvenir du 1000 km 2011 vu nos énergies concentrées sur les inscriptions des écoles à Aiguise ta matière grise, ne vous en faites pas ça s’en vient !
Pierre









